Information pour un avenir durable

De Aroa de la Fuente López le décembre 18, 2015

Photo by Maina Kiai available under a Creative Commons license

La COP21 vient de se terminer à Paris avec un accord contraignant pour limiter l’augmentation de la température globale moyenne qui se trouve déjà à des niveaux historiques à 1 degré au-dessus de celle qui existait avant l’ère préindustrielle. Dans ce contexte, cet espace de négociation internationale doit être à la hauteur et répondre à la nécessité de réduire de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre (GES), avec pour objectif une hausse maximale des températures de 1,5 degré. En outre, il faut prendre des mesures sérieuses pour faire face aux dommages provoqués par les changements de température sur l’environnement et les populations des différentes régions du monde.

C’est dans ce contexte, en plus des engagements de l’ordre du jour post-2015 du développement durable adoptés au niveau international en septembre de cette année, qu’il est essentiel de redéfinir le modèle de développement. En Amérique latine, ainsi que dans d’autres régions et pays, cela doit passer obligatoirement par une analyse et des propositions permettant de repenser le modèle extractif et de transiter vers des choix économiques, sociaux et fiscaux plus durables. Et, pour que cela soit possible, il est nécessaire que la société dispose d’informations claires, utiles et opportunes sur les incidences sociales, environnementales et climatiques de l’activité minière, pétrolière et gazière, permettant une participation à la prise de décisions. Ces informations doivent être à la disposition des populations directement touchées par les projets et aussi de la société en général, pour mettre en place de vastes processus participatifs.

En outre, en raison des conséquences de l’activité extractive, cet accès aux informations socioambientales est déjà une demande qui résonne avec force en Amérique latine, étant donné qu’il existe une grande opacité en la matière. Au-delà de savoir ce qu’apporte l’exploitation des minéraux et des hydrocarbures aux recettes de l’État ou comment sont dépensées ces ressources, les gens demandent de connaître à l’avance les effets sur leur environnement, leur existence et leur climat. Cette demande a été faite par le biais de différents moyens, par exemple via des demandes de renseignements aux gouvernements ; la mise en place de mécanismes contraignants tels que le principe numéro 10 de la Déclaration de Rio, qui vise à établir des mesures concrètes pour la garantie du droit à l’information, la participation et l’accès à la justice en matière d’environnement dans la région ; et, plus récemment, grâce à des initiatives internationales telles que l’Alliance pour le Gouvernement ouvert (AGA) et l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

Dans le cas spécifique de l’ITIE, la société civile de divers pays comme le Pérou, la Colombie, le Mexique et Trinité et Tobago a encouragé ou encourage, non sans difficulté, l’inclusion d’engagements qui permettent la diffusion des informations socioambientales dans cette initiative. Et c’est une pratique qui a également été utilisée dans d’autres lieux tels qu’aux Philippines, en Mongolie et en Norvège, entre autres. Par ailleurs, une partie importante des acteurs sociaux au Honduras et au Guatemala n’ont pas voulu participer aux processus ITIE nationaux étant donné qu’ils ne les considèrent comme un espace dans lequel on puisse élargir le débat sur la viabilité et l’opportunité de ces activités dans leurs contextes. C’est en partie parce que l’initiative se concentre sur des informations sur le côté positif de l’extraction (les recettes qu’elle génère et leur utilisation dans les dépenses publiques) et non sur ses effets négatifs.

À la lumière de cette situation, plusieurs organisations et réseaux tels que le réseau latino-américain sur les industries extractives (RLIE), Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) et l’Institut pour la gestion des ressources naturelles (NRGI, son sigle anglais) ont mis en œuvre des mesures pour que la question socioambientale soit incluse dans la norme internationale de l’ITIE. Si l’on veut que cette initiative soit utile pour la région et pour les pays où ces informations sont de plus en plus demandées par la société, il est important de répondre aux besoins de transparence existants et au contexte mondial, là où le développement durable et la lutte contre le changement climatique sont hautement prioritaires.

C’est pourquoi ces organisations ont, conjointement avec Oxfam France et le Groupe du financement climatique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (GFLAC), tenu le 6 décembre une séance de réflexion autour de ce thème dans le cadre du sommet des peuples de la COP21. Plusieurs actions suivront dans les mois à venir, un moment clef étant la Conférence mondiale de l’ITIE qui aura lieu à Lima les 24 et 25 février et qui représentera une occasion unique de faire entendre clairement la voix de la région et de toutes les forces alliées des coalitions au niveau mondial. Nous vous invitons à nous accompagner dans cette voie et à nous contacter.

Ce blog a été écrit pas Aroa de la Fuente López, chercheuse chez Fundar, un centre d’analyse et de recherche où elle coordonne le Réseau latino-américain des industries extractives (RLIE). Elle est en outre membre du conseil mondial et du conseil d’administration de Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP).

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