Actualités: Hommage à Tiergou Pierre Dabiré

Source: PWYP

Dabire

Le Secrétariat International de « Publiez Ce Que Vous Payez » a le profond regret de vous annoncer le décès de Monsieur Tiergou Pierre Dabiré intervenu le 13 octobre 2015 à Ouagadougou. Dabiré était de son vivant Président du Réseau Africain des Journalistes pour l’Intégrité et la Transparence (RAJIT), Coordonnateur de la Coalition « Mines Alerte Publiez Ce Que Vous Payez – Burkina » et Présiden de l’école de journalisme du Burkina Faso. Militant convaincu de la transparence, il a été de tous les combats pour une meilleure gouvernance du secteur des industries extractives au Burkina. Dabiré était un mari dévoué et un père attentionné de deux enfants.

« La mort subite de Dabiré est une terrible nouvelle. Connaissant bien Pierre comme professionnel de la presse et militant social, je suis effondré » a dit Mamadou Taran Diallo, Président du conseil mondial PCQVP et Président de l’Association guinéenne pour la transparence.

Journaliste de profession, Monsieur Dabiré était un militant engagé pour la transparence et s’est totalement investi dans le plaidoyer en vue de l’adoption d’un nouveau code minier au Burkina ainsi que la « Campagne 1% » sur les revenus générés par l’exploitation de l’or.

«Un importante militant de la transparence, le décès de Dabiré est une terrible perte, non seulement pour son pays, mais pour l’ensemble du mouvement de PCQVP. Il a inspiré des changements important pour ses concitoyens, notamment cette année avec le succès de la campagne de 1%, et sa sagesse, son sens de l’humour et sa volonté va beaucoup nous manquer », a déclaré Marinke Van Riet, la Directrice Internationale de PQCVP.

En cette douloureuse circonstance, le Secrétariat International présente à la famille du disparu, ses collègues et à l’ensemble de la Campagne « Publiez Ce Que Vous Payez », ses condoléances les plus attristées.


Nous étions avec Dabiré en Août 2015 à Dakar (Sénégal) à un atelier de capitalisation sur la révision des codes miniers en Afrique de l’Ouest, où nous avons eu l’occasion de discuter avec lui sur sa vie de militant. L’entretien qui suit reflète cette discussion :

« La transparence, c’est la communication » - Tiergou Pierre Dabiré

Je suis dans le militantisme depuis que j’étais étudiant en France et impliqué dans plusieurs syndicats d’étudiants. Quand je suis rentré au pays, j’ai continué à milité dans les syndicats et plus tard dans les mouvements des droits humains. Par la suite, nous avons créé un réseau national de lutte contre la corruption (RENLAC) car cette pratique était devenue un fléau après la révolution de Thomas Sankara. En 1997, j’ai été approché par un professeur d’université qui avait créé l’organisation ORCADE. Il m’avait proposé de travailler avec lui et c’est ainsi que nous avons travaillé pour faire avancer la question de la transparence des industries extractives notamment à partir de 2006-2007.

Nous nous sommes engagés véritablement dans la transparence au moment où le Burkina connaissait le début de son boom minier car la première mine industrielle a été ouverte en 2007. Les populations impactées ont commencé à alerter les activistes sur leurs droits qui étaient violés particulièrement au niveau des dédommagements. Comme ces populations avaient nos contacts au niveau d’ORCADE, elles nous saisissaient pour nous rendre compte des violations que nous relayons dans les journaux. Nous avons mis en place un réseau des journalistes qui diffusent des alertes sur les violations des droits. L’avènement de l’ITIE au Burkina en 2008 nous a permis de renforcer nos capacités sur les questions de transparence.

Les journalistes ont un rôle important dans la transparence des industries extractives. Je voudrais citer à ce titre, la Présidente du Libéria, Madame Ellen Johnson Sirleaf qui a dit que l’ITIE, c’est la communication. J’ajouterai que la transparence, c’est la communication. Si vous ne communiquez pas, vous ne pouvez pas être transparent. Et la situation du Burkina depuis Novembre 2014 (période de l’insurrection populaire ayant balayé le régime de Blaise Compaoré) vient confirmer cette assertion. Dans le passé, les sociétés minières, fortes de leur pouvoir d’influence basé sur l’argent, ont agi dans l’opacité. Suite à l’insurrection populaire, les populations ont considéré qu’elles ont repris le pouvoir et ont commencé à envahir les sites miniers, saccageant et brulant des installations. Et c’est en ce moment que les compagnies minières ont compris que si elles ne communiquent pas, elles vont courir à leur perte. Le rôle du journaliste est important pour non seulement donner l’information à la population mais aussi dénoncer la mauvaise gouvernance.

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