Historique

18 Novembre 2009: Nouveau rapport sur l’origine et l’histoire de PCQVP publié en anglais!

Quelles sont les origines de la campagne de Publiez Ce Que Vous Payez ?

En décembre 1999 l’ONG Global Witness a publié un rapport intitulé A Crude Awakening (Un Réveil Brut), exposant la complicité apparente entre les compagnies pétrolières et les compagnies bancaires en Angola pour mettre à sac les biens de l’Etat pendant la guerre civile, qui sévit pendant 40 ans dans ce pays. Il était clair que par leur refus de publier des informations financières, certaines grandes compagnies pétrolières multinationales se firent complice de la mauvaise gestion et du détournement des revenus pétroliers par l’élite du pays. Le rapport se termine en appelant les compagnies pétrolières opérant en Angola à «publiez ce que vous payez».

Il était toutefois clair que le manque de transparence dans les industries extractives était une préoccupation majeure dans d’autres pays pauvres, mais riches en ressources naturelles. C’est pourquoi, en juin 2002, Global Witness ainsi que d’autres membres fondateurs tels que CAFOD, l’Institut pour une Société Ouverte, Oxfam Grande Bretagne, Save the Children Grande Bretagne et Transparence Internationale Grande Bretagne ont lancé la campagne internationale de PCQVP, appelant toutes les compagnies de ressources naturelles à publier les paiements effectués aux gouvernements pour chaque pays d’opération.

La petite coalition d’ONG initiale accueillit bientôt d’autres organisations telles que Catholic Relief Services, Human Rights Watch, Partenariat Afrique Canada, Pax Christi Pays Bas et le Secours Catholique/CARITAS France, ainsi qu’un nombre grandissant d’organisations issues des pays en voie de développement.

Comment la coalition de PCQVP s’est-elle développée avec le temps?

A partir des quelques groupes membres, en majorité basés en Grande Bretagne lors du lancement de la campagne, PCQVP s’est étendu pour inclure désormais des membres dans 60 pays, avec des coalitions nationales affiliées dans 31 pays. L’augmentation de la participation de la société civile peut être principalement attribuée à la grande soif de changement dans les pays en voie de développement, riches en ressources naturelles mais prisonniers de la malédiction des ressources. La campagne est menée en accord avec les priorités régionales de bonne gouvernance, de responsabilité sociale des entreprises (RSE) et de réduction de la pauvreté. La campagne PCQVP s’est avérée être un outil utile pour les groupes locaux militant pour un meilleur accès à l’information et pour la responsabilisation des dirigeants politiques et économiques.

Comment l’approche de la campagne a-t-elle évolué depuis son lancement ?

L’appel de PCQVP aux compagnies de « publiez ce que vous payez » et aux gouvernements de « publiez ce que vous gagnez » est une premier pas nécessaire vers un système plus responsable de gestion des revenus issus des ressources naturelles.

Il est cependant impossible d’assurer une gestion adéquate des richesses issues des ressources naturelles en examinant uniquement les revenus. Les membres de PCQVP appellent dès lors à une gestion et une dépense responsables et transparentes des fonds publics qui sont essentielles pour lutter contre la pauvreté, la corruption et l’autocratie qui sont trop souvent les fléaux des pays riches en ressources naturelles. Il s’agit là de l’objectif de la campagne de « publiez ce que vous dépensez ».

Une autre requête de PCQVP concerne la publication des contrats de l’industrie extractive ainsi que la transparence des procédures d’octroi de licence, conformément aux pratiques internationales en vigueur. Cela est central dans l’effort de traçabilité des revenus et des dépenses liées à l’industrie extractive puisque les contrats établissent les bénéfices, les obligations et bien sûr la transparence des accords entre les Etats et les compagnies. Il s’agit là de l’objectif de la campagne de « publiez ce que vous ne payez pas/devriez payer ».