Civil Society Legislative Advocacy Centre (CISLAC) et Publish What You Pay (PWYP) Nigéria, deux organismes qui travaillent dans le champ des Industries Extractives, effectue une visite de travail à leurs homologues du ROTAB au Niger du 12 au 15 juin 2011.
L’objectif de cette visite est celui de voir naître un cadre législatif solide dans le champ des industries extractives qui constitue pour nos deux (2) pays un élément clé permettant de prévenir l’apparition de la malédiction des ressources. C’est dans ce sens que Civil Society Législative Advocacy Centre (CISLAC) et Publish What You Pay (PWYP) Nigéria ont réalisé un voyage d’études à Niamey, capital de la République du Niger, afin de partager leur expertise dans les bonnes pratiques au niveau de la gestion des recettes obtenues de l’exploitation des ressources naturelles avec les trois acteurs membres de l’ITIE Niger (société civile, multinationales et les institutions).
Lors de notre rencontre avec le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB) – Publiez ce que vous Payez (PCQVP) Niger et Groupe de Réflexion et d’Action sur les Industries Extractives (GREN), nous avons constaté que le gouvernement actuel a la volonté politique de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour corriger les mauvaises pratiques dans la gestion des recettes obtenues de l’exploitation des ressources naturelles afin de mettre un terme à la corruption. Nous avons également observé que la société civile Nigérienne est effectivement partie prenante à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Niger, mais aussi que les Organisations de la Société Civile Nigérienne ont utilisé de façon notable l’espace politique que la démocratie a créé pour elles afin d’influencer les politiques minières du Niger à travers la constitutionnalisation de l’exploitation des ressources naturelles.
Nous voudrions faire mention spéciale au passage d’une loi permettant de transférer 15% des recettes de l’extraction des ressources naturelles aux communautés où l’activité extractive a lieu. Cependant, la société civile continue à revendiquer l’adéquate mise en œuvre de ces dispositions constitutionnelle relative aux ressources naturelles.
Nous voudrions aussi mettre en relief les efforts réalisés par l’ensemble des acteurs pour introduire l’article 153 dans la Constitution de la 7è République qui oblige le gouvernement à dépenser le revenu de l’activité extractive dans l’agriculture, l’élevage, la santé et l’éducation et la création d’un fonds pour les générations futures.
Nous considérons qu’afin pour que la bonne gouvernance soit établie dans un pays, les autorités politiques doivent promouvoir les principes de la transparence, recevabilité et de gestion participative. En effet, lors de notre rencontre le Président de l’Assemblée Nationale, son Excellence Hama AMADOU a réitéré qu’il y a une volonté politique pour combattre la corruption au Niger et a démontré de ce fait son engagement avec les principes de bonne gouvernance. C’est ainsi que le pouvoir législatif travaille en étroite collaboration avec la société civile; acteur clé dans l’amélioration et le renforcement institutionnel. L’intention de l’Assemblée Nationale d’intensifier sa surveillance au niveau des industries extractives représente une initiative très stimulante.
Lors de notre rencontre avec les Ministre des Mines et de l’Énergie Monsieur FOUMAKOYE GADO, nous avons pu constater à nouveau l’ouverture des institutions politiques nigériennes et leur prédisposition à collaborer avec la société civile. Le Ministre nous a informés sur les plans que le gouvernement envisage entreprendre dans le secteur minier et pétrolier pour les années à suivre et nous avons pu constater que ceux-ci, dans le cas où ils seraient mis en œuvre adéquatement, pourraient réduire considérablement l’impact de la malédiction des ressources au Niger.
Nous avons aussi réalisé une visite de courtoisie au Ministre de la Justice et Porte-parole du Gouvernement, Marou AMADOU.
Lors de notre rencontre avec le Secrétariat Permanent de l’ITIE-N, nous avons pu constater que l’Etat nigérien a introduit une disposition dans le budget dédiée à financer l’activité du secrétariat et que ce dernier assure l’espace pour la participation de la Société Civile laquelle constitue le moteur de toute son activité.
L’opinion générale de la société Civile est que les compagnies continuent de ne pas respecter les droits de l’Homme et les droits environnementaux. L’activité extractive n’a eu aucun impact positif sur les communautés locales riveraines tel que nous avons pu observer à Torodi, zone qui héberge des exploitations artisanales et industrielles de l’or. Lors de notre rencontre avec la Maire de Toroti, Madame Rabi GANDA, elle nous a dit que la commune percevait des recettes insignifiantes de l’extraction de l’or tandis que cette activité avait eu un impact environnemental et humain considérable; surtout à cause de l’utilisation incontrôlée du cyanure pour séparé l’or des autres éléments qui y sont associés.
Nous sommes très conscients que les intérêts des compagnies sont axés sur la réduction des coûts de production afin d’accroître leurs profits. Cependant, les compagnies ne peuvent en aucun cas développer leurs stratégies au détriment du bien-être des populations locales et de l’environnement. C’est ainsi que nous appuyons nos camarades de la société civile nigérienne dans leurs revendications concernant le développement d’une industrie extractive plus respectueuse des textes de la République, nous suggérons que le gouvernement du Niger renforce les mécanismes qui assurent le contrôle de ce genre d’abus. Nous profitons de cet évènement pour dénoncer les activités déstabilisatrices que les Multinationales et d’autres groupes d’intérêts continuent à financer dans les pays Africains, particulièrement les pays riches en ressources naturelles comme le Nigéria et le Niger.
En dernier lieu, nous voudrions remercier tous les acteurs de l’ITIE Niger qui nous ont reçus. Nous voudrions aussi les encourager à continuer leur défense des principes de l’ITIE et qu’ils profitent de l’expérience du Nigéria au niveau de l’exploitation du pétrole et du gaz de la même façon que le Nigéria va profiter de l’expérience du Niger au niveau de l’exploitation de l’uranium et de l’or. Il faut cependant remarquer que le Niger a déjà pris des mesures palliatives dans ce sens qui vont lui permettre de réduire l’impact négatif de l’activité extractive et pétrolière au Niger.
Ont signé :
Ali Idrissa
Coordonnateur National du Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB) – Publiez ce que vous Payez (PCQVP) Niger
Auwal Musa Ibrahim (Rafsanjani)
Directeur Exécutif de Civil Society Legislative Advocacy Centre (CISLAC)
Faith Nwadishi
Coordonnatrice Nationale de Publish What You Pay (PWYP) Nigeria